Angoisse
Apprendre la nouvelle vie rose n’est pas sans inconvénients. Elle me met parfois dans un état certain de lassitude, morosité et langueur. J’attends, la seule véritable chose dans la vie qu’il ne faut absolument jamais faire : attendre. Et moi j’attends, comme si les choses pouvait tomber du ciel. Dans une ville ou je connais trois personnes à tout casser, un périph, et une dizaine de rues. Tous les matins embourbée dans un « que vais-je faire aujourd’hui ? », pour arriver au soir « que vais-je faire demain ? ». Alors j’attends. (le travail malgré tout me donnera une raison de me lever). L’homme parti pour un temps finalement indéterminé vers de sombres travaux, j’attends déjà au bout de deux semaines d’installation, les jours heureux et jolis tant attendus. Tout miser, ces espoirs et ces faux semblants ? pourquoi ? sur une personne, tant attendre (encore) d’un autre qui a déjà sa vie ici. Miser ces espoirs pour regretter, non. Miser ces espoirs, oui je l’ai fait, mais c’était pour avancer et ne pas regretter le « avant ». Avant, j’avais des amis, des copines, à côté, des parents quand j’étais toute seule et que j’avais envie de manger. Une pour boire, une pour rigoler, une pour jouer, une pour discuter, pleins pour bien se marrer. Tant d’espoirs bêtement, pour se retrouver seul communément comme le simple des mortels à qui on ne voudrait jamais ressembler finalement, c’est le même, c’est le nôtre, c’est nous, c’est toi, c’est moi maintenant. S’être tant battu pour ne pas ressembler à lui ou lui, assise devant un ordinateur dans ma chambre rouge-orange, voilà, je me dis que si, c’est moi aussi et pour un bon moment… Si gaie, active et débordante d’énergie, je me retrouve l’herbe coupée sous le pied, je pensais juste trop positivement à ce qu’aurait pu devenir ma vie maintenant, une chose un peu extraordinaire s’étant déroulée le jour où j’ai enfin passé le cap des 650 kms de ma ville de naissance ; une chose tout simplement pas commune pour MOI, loin des miens, je vais apprendre une autre vie en positive attitude. Trop d’espoirs et de rêves achevés d’un coup de sabre donné. Ma fierté est ravagée, être triste maintenant, c’est nul tout simplement. Comment ne désormais pas se détester d’avoir pris tous ces risques, d’arriver là dans l’impasse, celle où l’étau se resserre doucement, un abandon, et l’Angoisse, communément.
Comments
Il n'est pas évident, Toulouse ou ailleurs, d 'arriver, de se trouver dans un lieu qui nous est étranger. Il faut laisser le temps au temps.
C'est un nouveau départ en quelque sorte, à toi de t'imposer, de faire en sorte de retrouver le bonheur et la joie de vivre.
Je suis persuadée ( Toulouse est ma ville de naissance, je suis chauvine ^^) que tu t'y plairas, que tu te feras des ami(e)s.
Bon courage