4 posts tagged “pensées de merde”
C'est vrai, Nicoléon a raison, intéressons nous à autre chose, pourquoi créer une polémique autour d'un petit bourgeois de ministre n'ayant aucun sens de ce qu'est l'intégration, et prenant les gens quel qu'ils soient comme des "prototypes"? (Nicoléon aimerait que tout le monde se concentre sur son travail!) Les Races différentes de la sienne sont donc des prototypes à exploiter et non, définitivement, il n'est pas raciste...
Je m'arrêteraîs là, je suis écoeurée.
Les larmes qui coulent sur le visage d'une collègue dès 6h30.
Des décès après acharnement à n'en plus finir.
Des vies personnelles polluées.
Un chef de service au discours capitaliste "c'est le bordel depuis les 35 hres", si seulement on y était...
Du désespoir devant une telle immaturité et un je m'en-foutisme ambiant.
Alors, dans une voiture, les vitres fermées, ne plus penser à rien, mettre la musique à fond, chanter à tue-tête, merci mon amoureux...
Irrésistiblement,
je suis en vacances
maintenant...
(à écouter, très fort!)
Bizarrement mon chiffre préféré, peut être parce que l’addition de ma date d’anniversaire est égale à 8, petit calcul de petite fille, entre copines, lorsqu’on essaye de se pincer « twingo » ou encore d’additionner tous les chiffres que nous voyons. De devenir petites voyantes à additionner les prénoms à l’aide d’un calcul savant, je suis sûre que je saurai le refaire, « est-ce qu’il m’aime, est qu’il m’a aimé en secret, aurons-nous des enfants ? », Enfance, période merveilleuse d’innocence peuplée de cinéma, grande inventeuse d’histoires extraordinaires, de rêves infinis sur le « plus tard », toujours bercée par cette envie de trouver le prince charmant. Petite, j’ai été une vraie princesse dans ma tête (rire).
Jusqu’à jouer au tarot, déchiffrer les gallots et les horoscopes, croire en tout ce que l’on peu nous dire sur l’avenir… Naïve, je l’ai cru jusqu’à me rendre compte qu’en fait, ça ne se passait pas véritablement comme ça. Que pour manger, il fallait faire des courses et que l’assiette ne tombait pas merveilleusement du ciel ? Qu’il fallait prendre un balais pour nettoyer et mes mains de cendrillon pour astiquer. Puis, entrer dans le monde impitoyable du travail féminin pour me rendre compte qu’en plus de travailler pour se nourrir et avoir un toit, il fallait aussi s’égorger, s’étriper pour trouver une place, sa place. Les rêves de princesse en grande robe bleue s’effacent peu à peu… il faut téléphoner, s’énerver, remplir des feuilles avec pleins de chiffres, ne rien y comprendre, faire des cartons, démonter et remonter des meubles ikéa avec des légendes suisses. Mettre de l’argent sur un compte en banque, regarder un solde, pleurer de rage en le voyant, avoir une paye qui sert à ? Devoir acheter des cartouches d’encre, des feuilles, des stylos en tout genre, consommer vaguement des choses sans intérêts, (en Afrique, il fait chaud et ils se baladent en petite culotte, pêchent des poissons…) regonfler des pneus de voiture, y mettre de l’essence, rouler, rouler pour aller où ? Prendre l’avion, le tramway et le train, se déplacer. Ouvrir une bouteille de vin, se servir un verre dans un petit ballon, écarter les doigts de pieds et respirer, expirer, souffler…
8 c’est l’infini, tout droit, comme un I, très fier, avançant nettement seul vers l’avenir, c’est aussi pour ça que c’est mon chiffre préféré. Aucune question, les choses sont infinies, évoluent joliment selon le ton donné, merveilleux à l’infini.
Seulement ce chiffre détaille des fois une fin, 8 derniers couchers de soleil et même levés sur cette passerelle, d’où j’ai jeté je ne sais combien de mégots incandescents, crier ma haine sur tout ce qui bouge quand le trop plein se fait ressentir. Les 8 dernières à sentir le pipi de vieux dans ces urgences, de passage à côté des machines à café (qui ne fonctionnant pas). Les 8 dernières fois où ici je connaîtrai les raisons et les histoires de lui ou lui. Les 8 dernières où je ne sentirai plus mes jambes au bout de 12h. les 8 derniers matins où ma voiture connaissant le chemin par cœur me ramènera jusqu’à mon lit douillet, traversant le pont me reliant à Paris, soleil levant, et dans l’autre sens soleil couchant, les 8 dernières où je travaillerai la nuit, monde étonnant où tout ne tourne jamais réellement au ralenti, petite ville de fourmis s’activant lorsque tout le monde est endormi… 8 derniers regards de compassion ici, 8 derniers rires gras d’incompréhension sur un monde parfois cruel, 8 derniers appels à mes copains pas gentils de la pharmacie et du labo. 8 derniers enfilages de pyjamas jaunes poussins, et désenfilages direction endroit dégueux.
8 nuits pour continuer à jouer à Urgences, avec mes coéquipiers, à rigoler, à plaisanter de choses et d’autres pour des fois ne juste pas pleurer... 8 dernières fois actrice de choses incontrôlables, de sentiments chamboulés et ambivalents, je le vis comme un film qui quand il s’arrête, écrit en grosse lettre « FIN ».
Je regarde ma face d’ahurie complète, le blanc de mes yeux dans ce miroir, « mais dis moi miroir, non, ce n’est pas moi à qui appartient ce visage défait! » J’entends encore ces sonneries insupportables, 9h30 le matin, c’est normal, il est temps d’aller se coucher, presque 4h de sommeil et prête pour y retourner, « souriante, pimpante et gaie ! » S’occuper des autres, jamais vraiment de soi, et puis personne ne s’occupera de toi, de ton bonheur, de savoir ce qui te ferait réellement plaisir, maintenant, tout de suite (style : manger, dormir, s’épiler…). Non ! Ici tout n’est qu’insulte, crachat, merde, pisse dégueulasse entremêlés de seringues, de machines plus complexes les unes que les autres et dont mon métier est de les maintenir (ces connes) en marche pour éviter une mort « tragique ». « Mon Dieu ! Médecin au secours aides-moi », non, il va se coucher, et la famille, et les supérieurs, et la pharmacienne, et le radiologue qui coince tout, bref un monde merveilleux d’entente cordiale ou tout le monde s’aime et agit pour le bien d’un seul et même être : le patient.
Je n’ai jamais connu d’endroit aussi impudique et immoral que l’hôpital, éthique mon cul, tout le monde se balance de comment tu termineras : au fond du trou et bouffé par les vers si tu te fais pas cramer pour trôner sur la cheminée dans un joli bocal ; L’opération chirurgicale a elle, été une réussite et toi : t’es mort…
Pourquoi ne suis-je pas devenue tout bêtement une petite femme en tailleur sexy, secrétaire débile emmenant le café, teinture blonde pétasse et ongles manucurés ? , Je n’aurai pas cette gueule en rentrant du boulot, j’aurai un vrai maquillage qui coule pas, et je sentirai bon (et non pas les poubelles jaunes, ramassis de sang, caca et aspirations bronchiques dégueulasses, fameuses poubelles jaunes de l’AP ! le jaune c’est le crade mais tout est crade… bref)
Personne ne le fera pour moi plus tard, j’en suis bien assurée, il n’y a personne d’aussi débile que nous pour continuer à se faire maltraiter de la sorte, pour nos 10 euros en plus un samedi de 20h à 8h du matin… ouais, j’aurais dû faire de très très longues études, continuer à manger du rôti chez maman tous les jours en attendant mes trente ans, regarder par la fenêtre rêveuse et dessiner au feutre sur les tables et bancs de la fac, fumer des énormes joints, savoir faire des fonctions e=m6. Tout bonnement devenir docteur et dire merde aux infirmières qui m’aurait appelé à 4h du matin pour des problèmes insignifiants que sont la vie ou la mort. De toutes façons tout le monde s’en fou, c’est nous les connes, on ne se contente pas de faire notre boulot, on réfléchit, alors qu’on nous a rien demandé, « pardon ! »
Je rentre tous les jours le visage défait, jambes et ventres gonflés d’eau d’avoir piétiné des heures durant, je ne dormirai que quelques heures, réveillée par des crampes d’estomac, de peur, de rage, à détester tes voisins qui eux vivent tout simplement le plus normalement du monde et écoute la télé très fort à 13h30 pour regarder les infos que tu n’as pas vu depuis 4 ans… asociabilité, morosité, voilà à quoi mène un métier soi-disant « beau » ou elles sont si « gentilles » (gentilles mémères ouais), messieurs-dames qui croient en la vocation, croyez-y mais sachez que cette vocation rime alors avec « maladie psychique grave ».
"pfffffffffffffffffffffff, c'est nul", dédicace.